Lecture et apéro en fanfare au CHU – Jeudi 29 Mars 2018

Lecture et apéro en Fanfare

Jeudi 29 mars

Rendez-vous Jeudi 29 Mars à 17h au CHU Jean Quarré

Marie- France Etchegoin, bénévole au CHU depuis un an et auteure du livre « J’apprends le français », sera présente à Jean Quarré pour lire des extraits de son ouvrage

La lecture sera suivie d’un apéro en fanfare

Ci dessous, un article qu’elle a écrit pour le journal Le Monde


Le français, la langue des migrants – 25 mars 2018 © Le Monde

C’est une histoire de mots et de maux ; la fable d’un apprentissage réciproque dans le Paris de l’exil. Pendant dix-huit mois, la journaliste et écrivain Marie-France Etchegoin est devenue professeure de français langue étrangère (FLE). Chaque semaine, elle s’est rendue au lycée Jean-Quarré, à Paris, dans le 19e arrondissement, et y a offert des mots en guise de bienvenue à Sharokan, Abdou ou Ahmed.

Ses élèves sont des demandeurs d’asile en attente d’un statut, qui ont trouvé l’énergie d’apprendre la langue française, sans savoir si la France voudrait d’eux. Les cours de  » Marie  » ont ponctué des vies en suspens le temps d’en finir avec les papiers, et d’obtenir la protection de l’Etat français. Ou pas. Ses leçons du soir ont réinscrit dans un lieu, la France, des hommes en grande souffrance, chassés de leur terre natale.  » Est-ce que je peux ressentir ce qu’ils ressentent « , se demande très tôt l’enseignante, qui a conscience qu’être privés de la langue de leur terre d’accueil les empêche aussi d’accéder au sens de leur nouveau quotidien. Sans mots, le réel disparaît, observe la narratrice, car  » la langue n’est pas juste un moyen de communiquer. Elle nous protège, nous solidifie de l’intérieur « .

C’est donc elle qui (comme les autres enseignants bénévoles) donne aux nouveaux venus la première grille de lecture de leur pays d’accueil, quand l’Etat, lui, diffère ses cours. La meilleure des grammaires, car la France ne se raconte jamais aussi bien que par ses mots, ses structures et sa conjugaison. Tout cela, Mme  Etchegoin le savait avant, forte de ses écrits et enquêtes antérieurs.

Ce qu’elle ignorait, c’est la force de ce qu’elle recevrait. Par une mystérieuse alchimie, qui veut que celui qui donne reçoive souvent plus encore en retour, l’enseignante a entendu des récits, des interrogations, et surtout une envie de vivre, de se rebâtir. Avec des étapes sur ce chemin… En maniant la conjugaison au passé, Marie-France Etchegoin n’a pas échappé aux horreurs vécues par ses élèves, recevant comme des gifles des histoires qui laissent sans voix. Heureusement, il y avait la leçon sur le futur… En ouvrant sur les lendemains, elle a touché du doigt cet espoir qui fait survivre les exilés en dépit des malheurs, celui d’un lendemain de paix.

L’originalité du livre réside dans l’analyse de cette entrée dans la langue française, pas à pas, où chacun s’inscrit dans le niveau de lecture qui lui sied. On peut y voir le récit d’un enseignement de la langue doublé d’un fort plaidoyer pour l’accueil. On peut y lire une belle analyse de ce que la langue française offre comme vision du monde. Mais J’apprends le français est aussi et d’abord le récit d’une femme qui découvre une grammaire du monde que ses expériences antérieures lui avaient cachée.

Maryline Baumard

© Le Monde

 

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